«Tu ne peux commencer le prochain chapitre de ta vie si tu relis sans cesse le dernier»

C’est bon, ils sont là. J’ai été les chercher à 18h30 à la gare. Ils avaient le sourire aux lèvres et le regard un peu fatiguée mais ils allaient bien. J’ai réussi à ne pas m’énerver, à les écouter, à ne pas parler de moi, ou juste un minimum. J’ai juste été blessé quand mon père a voulu, dès qu’il est rentré, faire un skype et parler avec ma soeur alors que ce n’étais pas le cas dans le sens inverse. Mais je ne dois pas lui en vouloir c’est comme ça. Je me rends vraiment compte lorsque je suis en face d’eux que je n’arrive pas à leur dire tout ce que je pense et tout ce que je ressens, si je le fais cela passe soit par de la colère, soit par une demi-vérité. Pourtant cette après-midi, je me rabâchais tout ce que je voulais leur dire, de quel façon, et que si on ne faisais que de parler avec franchise, de façon ouverte, ce serait déjà super. Mais non, ça ne passe pas. Peut-être aussi parce que je n’ai pas envie de les ramener sur terre, du moins pas encore. Ou parce que je ne veux pas les embêter encore avec mes soucis. J’ai l’impression que le passage de compréhension d’il y a une semaine c’est complètement évaporé à cause du voyage, qu’ils ne se rappelle de rien, comme si rien ne s’était passé. 

Je me sens vide, vide et fatiguée.

«Prends le temps nécessaire pour panser les blessures de ton cœur; Passer à autres choses ne se fait pas en un jour»

Publié dans : Non classé | le 13 janvier, 2016 |2 Commentaires »

«Ne perds jamais espoir, on se sait jamais ce que demain peut t’apporter»

Demain. Oui, ils arrivent demain soir. Je suis tellement contente et en même temps je me sens tellement égoïste car ma sœur doit être bien triste à ce moment. Tellement égoïste car je ne sais même pas si je vais réellement leur montrer à quel point cela me fait plaisir de les revoir et de savoir qu’ils vont être là pour me sortir la tête de l’eau. Demain soir, il faut que j’arrive à leur montrer une Marion souriante, pleine d’espoir, d’envie et d’entrain pour la vie. Pas la Marion triste, maussade, renfermée, irritée et fatiguée que je suis depuis plus de deux jours. Il faut que je me taise, que je les laisse me parler, que je sois ouverte. Il faut qu’ils puissent me raconter pleins de choses sans que je m’énerve ou m’agace pour on ne sait quelle raison. Il ne faut pas que je les assaille de question sur la formation, aller  à Poitiers, ou la journée porte ouverte. Il ne faut pas que je parle de moi, juste d’eux et d’eux seuls. De leur séjour, de Laura, de leur bonheur. J’espère seulement qu’ils ne sont pas trop triste de l’avoir quitter, pas trop déçu de m’avoir moi plutôt qu’elle <3 . Je dois avouer que si j’étais à leur place, ça ne me réjouirais pas vraiment. J’espère que pour ma sœur ça va aller et qu’elle ne va pas être trop triste, que la reprise du travail ne va pas être trop dur.

Elle me manque elle aussi. Énormément, et en même temps j’appréhende le moment où l’on va revivre ensemble. J’ai peur que ce qui c’est passé cette été se répète. Son incompréhension, son regard désapprobateur, ce sentiment constant de ne pas être à ma place, d’être de trop dans sa vie, de ne pas être à la hauteur, d’être un fardeau… Même si je ne leur en veux plus, j’ai encore dans l’esprit leur discussion entre elle et mes parents par sms lorsque j’étais partie lire dans le jardin. Leur reproche. On dit que la vérité fait mal, et ça m’avait fait mal, terriblement mal. Car à cet instant, j’avais lu toute les mauvaises choses que je pensais déjà sur moi et j’avais lu à quel point j’étais de trop, inutile. Que je ne savais que faire du mal autour de moi, apporter de la tristesse, du malheur. Je ne sais même pas si à un seul moment ma sœur a été contente que je sois vraiment avec elle. Je ne sais même pas si à un seul moment j’ai pu lui être utile, ou qu’elle se soit dit : « Qu’est-ce que c’est bien qu’elle soit ici ». Je pense que tout le long elle c’est dit : »Quand est-ce qu’elle s’en va? ». Je ne peux pas lui en vouloir car la seule personne à blâmer c’est moi. Je suis la seule qui a tout gâcher comme toujours. Je gâche toujours tout les moments qui pourrait être bien. De plus, ma soeur ne peut malheureusement pas comprendre comment ça se passe réellement dans ma tête. Elle ne connaît que la soeur d’avant, celle qui existait avant la maladie, celle qui étais juste chiante et incertaine mais pleine de joie de vivre. Durant ces 4 années, elle n’a jamais vraiment vécu avec moi, elle ne connaît que partiellement les éléments de la maladie, elle ne connaît pas vraiment les contrainte, les excès de colère, les calculs constants de tout sur tout, la préméditation, la programmation de chaque minute, l’impossibilité de l’imprévu. Elle ne connaissait pas tout ça et elle a tout eu d’un coup, pendant en plus la période où peu à peu je faisais ma rechute. Pile dedans. J’étais effrayée par tout cet inconnu, cette perte de contrôle sur mon poids, sur mes repas, sur ma vie, et mon futur. Mes échecs accumulés et qui me faisait sentir plus qu’une moins que rien et là elle m’a cueillie comme une fleur refermée en plein dans sa phase de recroquevillement dans son monde. Elle n’a pas compris, elle ne le pouvais pas. Non, quelqu’un en dehors de tout ça, même si c’est votre propre soeur à laquelle vous êtes très proches, que vous admirez et que vous aimez par dessus tout, ne peut pas vous comprendre. Déjà de base, il est difficile de suivre le cours des pensées d’une anorexique, son raisonnement, pourquoi elle fait ça, ce qu’elle pense, ces agissements et comportements, mais dans le cas de ma soeur c’est tout simplement impossible. C’est pourquoi j’ai peur de me retrouver dans la même maison, dans la même vie qu’elle. J’ai peur de son regard d’énervement, d’agacement, de déception. Cette soeur que j’admire plus que tout, que je trouve courageuse, merveilleuse, joyeuse, pleine de vie, enjouée, qui aime la vie et la vie le lui rend bien, cette soeur a qui j’aimerais tend ressembler, dont je suis fière et que je regarde chaque fois avec des yeux d’enfants. Cette soeur, oui, je ne lui arrive pas à la cheville. Alors comment voulez-vous qu’elle soit fière de moi? C’est juste tout bonnement impossible, je ne suis qu’un échec ambulant. Ma vie, mon âme, même mon corps le montre. Je n’ai jamais rien réussi, je n’ai jamais été au bout des choses, je ne suis pas courageuse, je suis lâche et effrayée. Incapable d’accomplir quoique ce soit. Incapable d’avancer, de progresser et d’aller de l’avant. Et pourtant, j’aimerais tant. Quand je regarde mes trois soeurs, je me dis, comment est-ce possible qu’elles soient aussi belles, merveilleuses, sûre d’elles, même si je sais que ma petite Lilie me ressemble beaucoup sur le manque de confiance en soi mais ce n’est pas pour ça qu’elle n’est pas aussi douée que mes deux autres soeurs. Elles sont juste extraordinaire et hors norme. Jamais au grand jamais je ne leur arriverais à la cheville. Elles ont toutes réussies. Une a consacré deux années horribles sans avoir de vie pour obtenir son concours d’institutrice qu’elle a réussi haut la main, moi je n’ai même pas été jusqu’au bout, je n’ai même pas tenté une seconde fois I’m a failure, je n’ai même pas eu le courage et la force de finir cette troisième année pour réessayer, elle, elle est heureuse, amoureuse, bientôt mariée à notre plus grand bonheur. Une, dès la sortie de sa terminale, a obtenu haut la main aussi, les concours infirmiers, a fait ses trois années et est maintenant infirmière à pleins temps, heureuse et amoureuse. Une qui certes, après quelques années de tâtonnement a fini par obtenir son concours d’auxillaire puéricultrice mais elle a toujours su où elle voulais aller, elle n’a jamais rien lâché, elle est têtue mais chez elle c’est une grande qualité, car sa ténacité a toujours payé. Aujourd’hui, elle a presque fait ses 2 ans de fille au pair, elle est parfaitement heureuse. Et moi, qu’ai-je accompli ? Absolument rien. J’ai 22 ans, et je n’ai rien réalisé. J’ai entrepris des tonnes de choses que je n’ai jamais terminé. J’ai toujours échoué, encore et toujours. Aujourd’hui encore j’ai échoué, comme hier, et avant-hier. Incapable d’avancer. Paralysée par la peur, paralysée par mon enfermement, ma bulle, paralysée par la vie. Je pensais vraiment pas écrire ce soir. Je n’en avais pas envie, je ne savais même pas ce que j’allais bien pouvoir marquer et au final, j’ai encore écris un pavé, les larmes coulant sur mes joues en m’apercevant que je ne suis rien. Rien qu’un point noir sur une feuille blanche. Une chose inutile, et gênante.

Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de ma vie ? Et si je ne suis pas prise dans un BTS diététique ? Et si je ne peux pas y rentrer car mes parents ne pourront pas me le financer ? Et si jamais j’arrive à y entrer, si ça me plait pas autant que je pense ? Et si j’échoue encore ? Vais-je passer ma vie à passer d’échec en échec sans jamais réussir ? Si c’est le cas, à quoi sert tout ça ? Pourquoi on vit ? Dans quel but ? A quoi ça rime tout cette souffrance, ce malheur apporté autour de nous ?

Oui, je vous le demande, à quoi ça rime tout ça ? Pourquoi vivre, qu’est-ce qui pousse les gens à vivre ? A en avoir tout simplement le courage si, au final, on ne fait qu’échouer quoiqu’on fasse ?

 

«La peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance» – George Lucas

Publié dans : Non classé | le 12 janvier, 2016 |Pas de Commentaires »

« Ta vie est le résultat des choix que tu fais. Si tu n’aimes pas ta vie, il est temps de faire de meilleurs choix »

Aujourd’hui, j’ai été sur des blogs et des pages où des personnes comme moi voulaient s’en sortir ou s’en étais déjà sortie. Car je n’arrive pas à comprendre, comment peut-on vouloir se sortir de là et à la fois ne rien réussir à entreprendre ? Je veux dire, si on voulais vraiment grossir, arrêter de réfléchir à chaque repas ce que l’on va mettre ou pas, que ce que l’on aura mangé aura une conséquence pour le suivant, ou de se dire qu’il faut aller faire du sport à tout prix, pourquoi ne faisons nous pas ce qu’il faut ? On a techniquement qu’à suivre ce que l’on nous dit, suivre ce que l’on nous a marqué comme type de repas, suivre ce que l’on nous a dit comme heure de sport par semaine et tout irait pour le mieux ! Mais non, non, on ne le fait pas, on se trouve des excuses, on esquive, on se dit que demain ce sera mieux et ça ne l’ai pas parce qu’on est faible et débile. 

Franchement, je suis incapable de me faire plaisir. Le cake que je me suis préparée hier au final, je le laisse à mes parents. Pourquoi ? Je n’en sais rien, je me trouve tout le temps des excuses. J’ai plus qu’envie de me faire une tarte salée mais non je ne me l’a fait pas. Pourquoi ? Je n’en sais rien, je me trouve tout le temps des excuses. Bon, ok, si je pense savoir pourquoi. Car ça change de mon repas habituel, le petit repas que j’ai l’habitude et qui se ressemble chaque jour. Si je me mange un cake, ou une tarte salée, qui me dis que je n’ai pas plus ou moins de féculent que dans mon plat ordinaire ? Quand je me fais ma grosse assiette remplie de légumes, avec mes féculents pesée au gramme près, car  je préfère toujours voir afficher un 69gr plutôt qu’un 71gr – un 71gr ? « Okay, je laisse, non enlève au moins jusque 70gr… Non je laisse comme ça… » Enfin, vous voyez ce que je veux dire – avec mon fromage blanc 0% s’il vous plaît et ensuite mon fruit, tout est parfaitement cadré, je sais ce que je me suis fait, à quel dose, le pourquoi du comment, si j’ai remonté ma dose de féculent, c’est parce que je l’ai choisi et je le sais. Une tarte salée ? Un cake ? Une galette sarrasin salée ? Trop d’incertitude pour ma tête. Autant rester dans mes clous. Sauf que j’en ai marre, parce que je voudrais pouvoir me faire plaisir en me faisant cette punaise de tarte salée, la déguster et apprécier chaque bouchée. Oui, parce que cela fait un sacré moment que je n’ai pas savouré et pris du plaisir quand je mange. Certes, je varie les légumes, les assaisonnements, j’ai des légumes que je préfère plus que d’autres mais au final, je mange parce qu’il le faut point. Je sais que je ne dois pas maigrir, donc je prends la dose point. Je suis une machine. Si un truc me donne envie, et bien ce sera une recette réalisée pour mes parents et je prendrais du plaisir par leur plaisir. C’est exactement comme une jeune fille que j’ai lu. Je suis incapable de me faire plaisir mais je me nourris du plaisir des autres. Très franchement, plus d’une fois, j’ai eu envie de succomber à ces gaufres liégeoises,  ces crêpes de chandeleur, ou encore en ce moment la galette de rois… Mais si je la sens, hume son parfum, m’enivre de sa bonne odeur d’amande chaude, et la décortique des yeux, cette pâte feuilletée dorée, cette frangipane moelleuse et fondante, je serais incapable d’y toucher. Je ne sais pas comment décrire cela, mais je suis complètement incapable de lever ma main pour saisir une part, incapable de la toucher pour la manger. Je serais peut-être capable de la prendre dans ma main, mais je n’aurais pas à l’esprit une seconde de la porter à ma bouche. Pourquoi me direz-vous ? Mais parce que ça pourrait me faire grossir, plaisir, et que je pourrais même en être contente? En réalité, je ne sais même pas ce que pourrait être réellement ma réponse, je ne sais même pas si je suis réellement capable de répondre. Je ne peux pas, point. Et c’est très frustrant de me dire qu’avant j’étais tellement gourmande, que je mangeais des tonnes de choses sans me prendre la tête, que je me bourrais de gâteau apéro, de pistache etc, Tellement gourmande que tous le monde me demandait où je pouvais bien mettre tout ça ! Désormais, si quelqu’un osé me dire que j’ai beaucoup mangé, que c’est bien – même si c’étais fait pour être un compliment – je le prendrais mal, je me sentirais mal, et je culpabiliserais. Même si je faisais une progression et que j’augmente encore mon alimentation, je pense que je n’aimerais pas qu’on me fasse la remarque même en partant d’une bonne intention. C’est aussi ça que j’ai peur quand mes parents seront rentrés, leur remarque sur ma nourriture. 

J’ai peur qu’ils me reprochent que je ne progresse pas, que je ne fais aucun effort, que mon alimentation ne change pas. J’ai peur que le dimanche midi, ils me proposent une part de gâteau avec une voix pleine de sous-entendus, et que je refuse, que je culpabilise en sachant que je ne fais pas d’effort et de l’autre en culpabilisant si je prends une part.  J’ai peur de me sentir oppressée par leur attente de progression. J’ai peur qu’ils en attendent trop de moi, qu’ils me poussent beaucoup trop loin en pensant que c’est comme ça que je vais avancer. Le problème c’est que j’ai aussi peur que de cette manière, je me referme de nouveau pour me protéger, me protéger de leur reproche, de leur regards de mécontentement que je ne pourrais supporter. Car je ne supporte plus de les décevoir, je ne supporte plus de ne pas être à la hauteur de leur attente, je ne supporte plus d’être faible, sans espoir. Je suis déjà mécontente de moi-même, déçue par mes échecs, en colère contre moi et mon inefficacité, mon inutilité, fatiguée de ma personne, alors si je vois ça dans leur yeux, alors c’est pire que tout. Je ne tiendrais pas, et je risque de rejeter ma colère contre eux alors que je ne le veux pas. Bien au contraire, je voudrais pouvoir leur apporter juste de l’amour, de la fierté, du bonheur, de la tendresse et de la vie. Tout ce que je ne suis pas. Je suis incapable de leur prouver à quel point je les aimes et à quel point ils comptent réellement pour moi. Je parle de mes parents mais aussi de tout ceux qui compte pour moi, qui font partie intégrante de ma vie. C’est terrible quand vous entendez dans leur voix toute la déception, l’incompréhension, le reproche que vous ressentez pour vous-même. 

Je suis pressée d’être mercredi soir et en même temps je suis tellement effrayée. J’ai envie de m’enfuir, de repartir dans mon petit appartement que j’ai fui si vite il y a une semaine. J’avais alors fui ma solitude, et là je fuirai au contraire la compagnie. Finalement, la solitude est beaucoup plus simple à gérer. Je peux enfermée mes sentiments à double tour, on ne ressens plus rien, personne n’est là pour ouvrir des portes que l’on ne veux pas. On est pas déstabilisé par de l’inattendu, ou de l’inconnu. On sait ce que nous nous allons faire, mais gérer les autres ? On ne peux pas. Et ça fait peur terriblement peur, c’est l’inconnu, l’imprévu. D’où des accès de colères, des calculs rapides pour savoir comment gérer l’affaire sans que ça intervienne sur nos sentiments. On s’enferme pour ne pas souffrir mais on finis par ne plus rien ressentir. Ni l’envie, ni le bonheur ou le plaisir, je ne sais plus ce que c’est de partager un moment avec quelqu’un sans me préoccuper de ce que je vais faire plus tard et si on dépasse ce que j’avais prévu c’est une catastrophe. Tout doit être cadrer, fixer, organiser pour que tout soit bien comme je l’attends. Pas de changement, sinon c’est la panique à bord. Et je pense que c’est pour ça que j’ai peur de revivre avec mes parents, j’ai peur de tout cet inconnu, toute cette perte de contrôle et de repaire. J’ai peur que ça me rende agressive, j’ai peur de les blesser encore et encore, j’ai peur. 

Et j’en ai assez d’avoir peur, j’en ai assez de ne plus vouloir ressentir quoique ce soit. Je voudrais éprouver du plaisir, avoir un but, un réel but…Comme le BTS mais qui pour l’instant est plutôt une incertitude, ce que je hais par dessus tout car mon avenir est flou. Je voudrais que ma vie prenne du sens et ne soit pas qu’une longue route sans saveur. Je voudrais ressentir, aimer, rire, m’amuser, apprécier, savourer et partager des moments avec ceux que j’aime sans que l’autre partie de moi vienne tout gâcher.

« Tu veux savoir ce que signifie vraiment vivre pleinement sa vie ? C’est se réveiller chaque matin sans aucun regret. C’est de savoir qu’on mérite d’être aimé. C’est faire ce qui est juste dans son coeur. C’est avoir du plaisir même si les autres te trouvent ridicule. C’est être 100% toi-même ! »

 

Publié dans : Non classé | le 11 janvier, 2016 |Pas de Commentaires »

«Tu ne te noies pas en tombant dans l’eau; Tu te noies en y restant»

La journée fut longue et plutôt ennuyeuse. Je ne savais pas quoi faire, je voulais aller à la BU pour aller bosser les bouquins pour le BTS mais étant dimanche, ce n’étais pas possible…Je me suis alors fait des frayeurs en regardant les annales sur internet pour obtenir le BTS. Je me suis dis que je ne serais jamais capable de l’avoir, que en neuf mois j’allais totalement oublier tout ce que j’avais pu apprendre pendant mes deux années de prépa, que je n’allais plus savoir travailler des cours à la rentrée… Et encore, ça c’est si j’arrive à être admise dans une école !! Non seulement les deux écoles qui m’attireraient le plus sont des écoles privé, donc cher et que les bourses ne prennent pas en charge, mais aussi tout simplement à cause de mon propre dossier. Chaque fois que j’aimerais obtenir quelques choses, je ne l’ai pas. C’est ça quand on ne vaut pas grand chose de façon générale. Mais il n’y a pas seulement ça qui me bouffe, limite je me dis que ce ne sera qu’un autre échec à accumuler dans ma panoplie de grosse nulle qui ne réussi rien, non ce qui me bouffe le plus c’est de demander à mes parents de payer autant pour moi. Je ne sais même pas s’ils pourront déjà le faire. Car en ajoutant l’appartement, la nourriture etc, c’est juste irréalisable. La nourriture, je ferais comme depuis trois ans, c’est moi qui paierais, et je me dis que si je prenais aussi, soit les frais de loyer ou de la formation cela leur ferait une épine du pied en moins mais je ne pense pas pouvoir. Je me sens donc complètement partagée pour changer. C’est horrible de devoir être à ce point une charge pour ces parents. Je suis pressée qu’ils soient rentrés pour qu’on en parle calmement ensemble tout en sachant où la conversation va finir. Et ça me fait terriblement peur car je souhaiterais tellement pouvoir faire la formation. Oui, je sais je me répète encore et toujours. Cependant, c’est exactement les questions que je me rabâche à longueur de journée. J’aimerais être fixée une bonne fois pour toute…

Je vais commencer à aller voir des directeurs(-trices) pour voir s’ils peuvent m’embaucher pour un job étudiant afin que les frais de scolarité puissent être payer de ma poche. Comme cela peut-être que ce sera moins lourd pour mes parents…

Comment vais-je bien pouvoir y arriver? Comment pourrais-je seulement être acceptée? Qui pourrait m’accepter ? Si, oui pourquoi ? Je ne vaut rien ! Je n’ai aucun niveau, je suis nulle, inintéressante, débile et stupide, sans connaissance, inutile et vide. Et dans le cas où je serais prise, comment peut-on payer? Par quel moyen ? Pourquoi mettre autant de soucis sur mes pauvres parents?  

Je suis vraiment qu’une pauvre fille…

Aujourd’hui, je n’ai absolument rien accompli, je n’ai fait que de me poser encore et toujours les mêmes questions, je me suis ennuyer et donc quand je m’ennuie, j’ai besoin de me bouger… Erreur terrible. Même si je n’ai pas beaucoup dépassé, j’ai quand même dépassé 1h10 ce matin, 1h35 cet après-midi… Bon, j’ai augmenté mes féculents de ce midi à 80gr mais ce n’est quand même pas l’exploit du siècle. Pour demain, je me suis fait un petit cake vegan après avoir réfléchi mille fois comment faire la recette sans mettre ça et ça. Progression ? Aucune, bien sûr !  De main je reçoit un livre de recette végétarienne que je me suis acheté. Il est vraiment génial car ce sont des plats équilibrés fait exprès pour qu’en une assiette tout les apports nécessaires soit réalisé sans qu’il y ai de carence. J’aimerais que avec celui-ci j’arrive à faire les recettes sans le prendre la tête, juste suivre le livre, me laisser guider, qu’il me prenne par la main en quelque sorte.

Enfin bref, tout cet article pour dire que ma journée a été inefficace, déprimante, et où je me suis sentie seule au plus haut point tout en étant contente de l’être. Car oui, je suis entrain de retourner dans un train-train, dans un monde où je n’ai pas très envie que les gens rentrent et ce n’est pas du tout bon signe. Voilà pourquoi je suis aussi pressée que mes parents rentrent. La voix sera loin d’être contente mais ma raison leur dira plus que merci. Cela me secouera un peu. Car je n’ai pas abandonné la prépa pour finir par le regretter en ne me sortant pas de là. J’espère seulement que j’arriverais à contenir La voix pour ne pas blesser mes parents dès leur arrivée. J’aimerais vraiment être agréable et pas qu’ils se disent : « Olala, qu’est-ce qu’on étais mieux loin d’elle… On peut pas repartir? » S’il vous plaît, faite que j’arrive à me contenir. D’autant plus que, ils me manquent énormément, que j’ai besoin d’une présence, d’un soutien. Je ne veux pas qu’ils regrettent de rentrer chez eux parce que je suis là pour leur pourrir de nouveau la vie, je ne veux pas qu’ils regrettent que j’ai abandonné la prépa, je ne veux pas qu’ils soient déçue par moi et mes choix, je ne veux pas qu’ils aient honte de moi, je ne veux pas être un fardeau, une plaie pour eux. Je voudrais simplement être leur fille, une vraie jeune fille qui leur apporte autant qu’ils m’apportent. Je voudrais leur apporter de la joie et non de la peine, je voudrais les rendre heureux et non malheureux, je voudrais les serrer dans mes bras, leur dire à quel point je les aimes même si je ne leur montre pas assez. Je voudrais qu’ils sachent que ce n’est pas facile de leur montrer et de leur dire ce que je ressens vraiment mais que malgré ce que je leur fait subir, ils sont vraiment tout pour moi. Que ce n’est pas volontaire d’être méchante, hargneuse, et colérique. Que je vais vraiment tout faire pour faire disparaître cette Marion morose, triste et désespérée. Pour eux, pour moi, pour ma vie…

Je vous aimes. Vraiment plus que tout. J’espère qu’un jour, vous pourrez être fiers de moi parce que je l’aurais vraiment mérité.

«Les gens se sentent seuls parce qu’ils construisent des murs au lieu de construire des ponts» – Joseph Fort Newton

Publié dans : Non classé | le 10 janvier, 2016 |Pas de Commentaires »

«N’ais pas peur de tomber, mais assure-toi d’avoir assez de force pour te relever»

Aujourd’hui a plutôt été un échec. Je n’ai pas réussi à limiter mon sport à une heure cette après-midi, bien au contraire. Je suis vraiment nulle. Le pire ce n’est sans doute pas ça, c’est que finalement, je ne regrette qu’à moitié. Je suis complètement partagée, une partie s’en contre-fiche et une autre me balance en pleine poire que je ne fais qu’enchaîner les échecs, que je ne réussirais jamais à écraser cette foutu envie irrépressible de sortir, de me bouger, de m’occuper. 

Mais la journée n’a pas été constituée que de choses négatives. Ce matin, j’ai été à la bibliothèque universitaire pour voir des livres sur la microbiologie etc pour le BTS diététique. Comment vous dire que j’ai trouvé ça passionnant. Très franchement, je pense que à chaque temps libre que j’aurais je me rendrais à la BU afin de lire les livres que j’ai pu voir.  Je pense que si je réussi à entrer dans un BTS diététique cela me plairait réellement. Et comme toutes les écoles qui pourraient m’intéresser son vraiment cher et non prise en charge par des bourses ou des aides, je vais me trouver un job pour les 6 mois à venir. Je me laisse encore un bon mois pour me reposer, prendre mes marques avec mes habitudes alimentaires etc. Mais je pense que ce serait aussi un bon moyen de me faire diminuer le sport car une fois que tu fais quelques choses toute la journée, tu n’a pas le choix, tu n’as pas le temps de faire autant de sport que je fais, je serais au bout d’un moment obligée de me réguler. Après, il faut juste que j’arrive à me trouver un job, c’est le seul « problème », on verra bien de toute façon.

La deuxième chose positive de la journée est que j’ai gardé mon cousin cette après-midi et j’ai enfin pu en profiter. Vraiment en profiter. D’habitude, je ne suis qu’un coup de vent dans sa vie, il arrive, mes parents s’en occupe, je lui fait un énorme bisous, je remonte et je vais travailler. Quand je redescendais, c’était pour sortir marcher pendant deux bonnes heures puis je rentrais j’allais me doucher, on mangeais et  il partais se coucher. Donc, oui, je n’ai jamais vraiment eu ou pris le temps de rester avec lui, de lui parler, de lui consacrer un petit moment pour l’écouter et me préoccuper de ce qu’il pouvait me raconter. Et là, j’ai enfin savouré le moment présent. Je l’ai écouté attentivement, on est sorti ensemble et il s’est défoulé avec sa trottinette tout content, j’ai joué avec lui, j’ai regardé un dessin animé avec lui… Enfin bref, c’était vraiment agréable. C’est dans ces moments que l’on se dit que la vie n’est pas faite pour être seule, d’être dans son monde, dans sa bulle et de ne laisser personne rentrer. Non la vie est faite pour le partage, la joie et le rire. La vie est faite pour surmonter ses épreuves pour être avec les personnes qui nous sont chers et pouvoir enfin profiter d’eux et ne pas gâcher les moments qui nous sont offerts ensemble. C’est pour ça que je dois me bouger les fesses et ne pas me laisser marcher dessus comme aujourd’hui. Je ne me suis pas réellement écouté, je n’ai pas écouté ma fatigue et mon ressenti, je n’ai écouté que ‘la voix’ qui fait tellement partie de moi que je n’arrive même pas à voir qu’elle reprend le pouvoir si je ne fais pas attention. Car très franchement c’est ce qui est arrivé aujourd’hui. J’ai profité de ma journée avec mon cousin mais j’ai aussi baissé ma garde et j’ai suivi le confort de l’habitude. J’ai fait plus de sport, diminuer les féculents avant de m’en apercevoir ce soir en mangeant quand à la fin du repas j’avais encore faim. Du coup, j’ai essayé de rattraper en mangeant un peu de pain en plus mais bon, pas trop quand même… C’est ça le problème, le ‘pas trop quand même’. 

Tout ça pour dire que je dois réellement faire attention à pas perdre de nouveau le contrôle ou du moins laisser la voix dominer sur la raison.  Aujourd’hui, je n’ai pas forcément beaucoup de choses à raconter, juste ça. Qu’il y a des côtés positifs et des côtés négatifs à cette journée comme dans la vie. Un de mes deux meilleur ami, Mr Optimiste, me dirait de ne regarder que les côtés positifs, sauf qu’ici, regarder que les côtés positifs ne me feront pas avancer. Demain, il faut que j’arrive à faire mieux. Je l’espère…

«Il n’y a pas d’échec tant que l’on ne cesse pas d’essayer. Il n’y a pas de défaite sauf intérieure, pas d’obstacles insurmontable sauf notre propre faiblesse envers le but» – Ken Hubbard

Publié dans : Non classé | le 9 janvier, 2016 |Pas de Commentaires »

 » (… ) thinking about it can’t help me let go, I know. « 

Aujourd’hui a été plutôt une bonne journée. Bon ce soir, je me sens coupable et faible mentalement mais bon quand je récapitule tout depuis ce matin, je me dis que c’étais pas si mal. Je n’ai pas été marché après ma corde à sauter. Le médecin m’a demandé quel objectif pour diminuer le sport je me sentais capable d’accomplir et ce que je me sentais prête à intégrer dans mon alimentation. Je lui ai répondu que si déjà j’arrivais à me limiter à 1h de sport le matin et le soir, ce serait un énorme effort et que j’avais réussi à augmenter ma proportions de féculent à 70gr au lieu de 50gr. Cela me paraît tellement peu comme objectif et en même temps j’ai l’impression que je dois escalader l’Everest à main nue. Du coup, ce matin j’ai seulement fait 1h de corde à sauter, après je dois avouer que j’ai dansé sur deux ou trois chansons de Jimmy Eat World mais seulement parce que elle me donnaient la pêche du coup je ne sais pas si on peut considérer ça comme du sport… Pour moi non mais je ne sais pas d’un point de vue objectif. Après j’ai bien mangé, et cette après-midi, je n’ai marché qu’une heure dix minutes au lieu de une heure 30 et 20 petites minutes de corde à sauter. Du coup, je me suis enlever 20 minutes de marche. Mon dieu, quand j’écris ça j’ai l’impression que je n’ai rien accompli alors que pour moi c’est énorme, surtout que ce soir, j’ai TROP mangé. Je me sens TROP pleine, et je culpabilise. Je déteste cette sensation, je regrette d’avoir mangé autant mais une voix au fond de moi me dis, peu importe de toute façon tu dois grossir. Mais demain matin, je ne vais pas avoir faim et je déteste ça, manger sans la sensation de faim. Quand je mange et que j’ai faim, j’arrive presque à apprécier, je me dis : « Ok, là t’a le droit, ton corps en a vraiment besoin » mais quand je n’ai pas faim, mon dieu, c’est un calvaire.

Peu importe, il faut que j’arrête de penser comme ça. Il faut que je pense qu’il faut que j’avance, même si je deviens une grosse bouffe. Mon dieu, je trouve ça horrible. Je me force à rester assise avec ce ventre beaucoup trop plein sans bouger… Pensons à autre chose.

J’ai enfin rangé ma chambre, mon bureau et tout ce qui étais autour de moi, cela faisait bien longtemps que je n’arrivais pas à le faire. Les choses que je posais autour de moi représentaient le bazar que j’avais dans la tête et là j’ai enfin réussi à faire le tri, comme dans mon petit cerveau de moineau. Pour la première fois depuis un bon moment, j’ai les idées à peu près claires. Je sais où je veux aller, je sais ce que je veux. J’ai envie d’avancer, de progresser, de grandir. J’ai envie de me servir de ces quatre années comme d’un bagage pour aider d’autres personnes, je ne veux pas effacer tout ça, je ne veux pas effacer mes erreurs, mes échecs, et mes choix. C’est ce qui font ce que je suis et ce que je serais. Si je pouvais revenir en arrière, je ne changerais rien. Ces expériences me font grandir, m’apprennent que la vie n’est, certes, pas simple, mais que ce n’est pas pour ça que l’on doit tout lâcher. Au contraire, on dois s’accrocher pour vivre des moments extraordinaires avec ceux qu’on aime. Pour vivre des moments de rire et de fous rires. Il faut se rappeler que même si on se sent seul et perdu, on ne l’ai pas, il faut juste réussir à retrouver les personnes qui seront là pour vous épauler. Cette période est et sera une dure période. Je risque de détester quand mes parents vont revenir car je vais être confronté au fait que je ne pourrais pas faire ce que je veux, je ne pourrais pas faire le sport que je veux où quand je veux. Je n’apprécierais pas leur remontrance sur le fait que je ne progresse pas pour eux, que je n’avance pas. Je détesterais que je doive me justifier, expliquer où j’en suis, ou tout simplement parler. Je ne suis pas douée pour parler et m’exprimer à l’oral. Ma voix se bloque, les mots se coincent et je n’arrive pas à exprimer ce que je ressens. Je suis coincée devant la personne, et la frustration, la colère de cette impossibilité de s’exprimer explose contre la personne qui, elle, n’a rien demandé. Ce n’est pas que je ne veux pas lui parler au contraire, et c’est loin d’être contre elle que la colère se dirige mais contre moi et moi seule. Je suis contente d’avoir repris l’écriture, car c’est maintenant que je me rend compte à quel point cela m’avait manqué. Avant, ma seule façon de m’exprimer étais celle-ci, j’ai écris des textes, des mots, des choses sur ma vie, ou non. J’ai écris des histoires qui en réalité se ressemblaient. Et étrangement, je les ai relus récemment en tombant dessus lorsque je rangeais mes affaires et j’ai été surprise de trouver dans mes textes et mes histoires de la tristesse, de l’amour, et énormément de choses qui ressemblent à ma vie aujourd’hui… Alors que ce sont des choses écrites au lycée voire au collège. Jeune fille anorexique qui n’arrive pas à s’en sortir et qui rencontre un garçon qui l’aide à surmonté ces difficultés familiale, une jeune fille anorexique qui protège son petit frère de son père violent et agressif.

Sachant que mon anorexie est, en partie, lié au fait que mes deux arrières grand-père étaient despotes, mon grand-père maternel tout autant et possessif et que j’ai relié cela au fait que les hommes, vulgairement, sont tous des salauds… Alors que mon père fait parti de la catégorie « gentil », je le considérais quand même comme dangereux. D’où mon agressivité envers lui pour me protéger. Tout ça pour dire à quel point l’inconscient peut parler. Tout comme le fait que la fille de mon histoire s’oublie complètement et ne se permet pas de vivre car elle doit protéger son frère, prendre en main la maison etc…  Une partie de mon anorexie est lié aussi au fait de la perte de nombreux enfants in utero mais aussi de la soeur de ma grand-mère, en gros si beaucoup n’ont pas eu le droit de vivre, pourquoi j’y aurais le droit ? Je me laisse donc mourir. Quand on a été voir le psychologue avec papa et maman, qu’il nous a fait l’histoire grâce à notre arbre généalogique et nos informations, il nous a raconté beaucoup de chose qui ont fait que j’ai déclenché mon anorexie sans que je sache de façon consciente pourquoi, il m’a dit des choses qui résonnait en moi alors que je n’en avais même pas conscience. Il y a d’autres choses qui font que je suis anorexique mais peu importe, ce qui me marque c’est le lien entre tout ça et mes écrits dans le passé bien avant que tout ceci arrive. Comme quoi, j’ai toujours eu cette partie sombre en moi. Et je m’épanchais sur mon papier. Mais dès la terminale, prise par les révisions, ma maladie, mon hospitalisation etc… J’ai arrêté d’écrire, de marquer tout ce que je ressentais, ma colère, mon anxiété, mes angoisses, ma tristesse, mes joies, mes peines, ma rancœur… Tout ça restais confiné au fond de moi. Et je pense que c’est ça aussi qui m’a rongé au fur et à mesure. Je n’arrivais pu à trouver le temps, et je ne savais plus comment trouver les mots que je pouvais poser sur le papier. Quand j’ai écris mon premier article sur ce blog, c’est comme si ce blocage avait rompu. Comme si, enfin, j’arrivais à me libérer, comme si les mots avaient enfin retrouvé leur route jusqu’à mes doigts. C’est cela, les mots ne savent pas aller jusqu’à ma bouche, il y a un tronc d’arbre qui a endommagé cette route, mais pas celle menant à mes doigts. Les mots s’étaient juste perdu jusqu’à maintenant. Je suis contente que beaucoup de personnes aient réussi à leur faire prendre le bon chemin, comme ils l’ont fait pour me guider, moi, vers une future (je l’espère) guérison. Personne ne connaît le véritable pouvoir des mots et de l’écriture au final, mais moi je m’en rends de nouveau compte. Chaque mot, chaque phrase, sont des bijoux précieux. Les avoir retrouver me libère au plus au point. La tristesse s’échappe à chaque mot que j’écris, à chaque lettre tapée. En réalité, je m’en contre fiche que je sois lu ou non, mais là j’ai quand même la sensation d’écrire à quelqu’un. Même si ce n’est pas le cas, je me dis que peut être un jour, une jeune fille tombera sur mon blog, ou un jeune garçon, et qui arrivera à surmonter ses épreuves juste en lisant mes mots. Je sais que ce n’est qu’une illusion mais peu importe tant que cette illusion me permet d’avancer. Plus j’y réfléchis plus j’ai envie de devenir diététicienne, cela dois être vraiment extraordinaire de savoir que l’on rentre chez soi en ayant passé notre journée à aider des personnes qui en ont besoin, de les avoir écouter, rassurer et apaiser. De leur indiquer la route à prendre. Savoir qu’un jour, je pourrais peut-être, être celle qui tire vers le haut quelqu’un qui se sent au plus bas.

Voilà plus d’une heure que j’écris et je n’ai pas envie de m’arrêter… Et pourtant, je me sens enfin contente, ma frustration et ma peur du début d’article m’a quitté. Je me sens mieux, je me sens bien. Il est temps de nous quitter. L’écriture est une amie que j’avais quitté, mais comme un ami que l’on ne voit pas pendant des années et que l’on retrouve, j’ai la sensation qu’elle ne m’a jamais réellement laissé… <3

« L’écriture a ceci de mystérieux qu’elle parle »

Publié dans : Non classé | le 8 janvier, 2016 |Pas de Commentaires »

« La vie est un combat. Accepte-le »

Je sais que je peux vous repousser, vous malmener, tenter de vous écarter de ma vie mais ne vous laissez pas faire. Quand je vous repousse, en réalité, je hurle « aidez-moi », quand je vous dis de me laisser tranquille, je crie « reviens et soutiens-moi, relève-moi, tire-moi vers le haut ». Quand je vous dis que je suis bien toute seule avec mes habitudes, je souhaite sortir, m’amuser et profiter. J’ai peur d’avancer. C’est tellement simple au final d’écouter la mauvaise voix au fond de moi. De rester dans mon petit monde, dans ma bulle, de faire mon sport, de manger ce que je veux et d’enlever ce que je ne veux pas. C’est tellement plus simple de ne pas lutter, et pourtant, je le veux. Je ne sais pas si je suis assez forte pour m’en sortir, je ne sais pas si je suis assez forte pour écraser cette putain de voix dans ma tête.

Ce matin, au petit déjeuner, j’ai mangé plus que d’habitude. Il y a cette voix en moi qui me dis, « c’est super, tu va pouvoir reprendre du poids, c’est déjà une petite progression » et l’autre voix qui me dis :  » Oh mon dieu, qu’as-tu fais ? Pourquoi tu as fini le morceau de pain qui restait ? Faut que t’élimine et vite!! ». Ce matin, il fait un temps de chien, d’habitude, je fais de la corde à sauter et après je vais faire un tour de marche. Pour le moment, j’ai succombé à la corde à sauter, premier échec. Mais j’espère pouvoir résister à la sortie. Après tout il ne fais pas beau, la plupart des gens qui ont du temps libre passe leur temps devant leur ordi sans culpabiliser qu’il ne soit pas sorti non ? Qu’est-ce que ça peut faire si je reste là devant l’écran le reste de la matinée? Faites que ma mauvaise petite voix ne gagne pas encore sur ce chemin.

Je passe mon temps libre à faire des recherches sur tout les BTS diététiques qui existent en France. Si je m’écoutais, je remplirais tout les dossiers d’inscriptions sur le champs mais malheureusement la formation coûte extrêmement cher et il faut que j’attende pour en parler avec mes parents, Je ne peux pas leur demander de payer autant pour une formation et pourtant j’en ai tellement envie. J’ai tellement envie d’être égoïste, de me dire : « Peu importe, je veux la faire cette formation !! » mais je ne peux pas, je ne sais même pas si je vais trouver un travail ces prochains mois pour pouvoir les aider financièrement alors ce n’est pas pour leur ajouter une charge en plus pour les deux ans à venir. C’est très dur car j’ai abandonné la prépa, et j’ai enfin trouvé quelques choses qui pourrait vraiment me passionner, dont les matières me parlent et m’intéressent énormément. Hier, j’ai appelé ma soeur juste un instant pour qu’elle demande à mes parents si on pouvait aller à une journée porte ouverte pour aller voir une école qui forme au BTS. C’est la seule école qui n’est pas très loin et que l’on peut aller voir. Mais ils fallaient qu’ils y réfléchissent. Cela m’a énormément énervé alors que au final, je comprends, ils étaient à New York, en pleine rue, ils n’allaient pas direct me dire, « Ok, c’est bon ». Pourtant c’est ce que j’aurais voulu. J’aurais voulu qu’ils se regardent deux secondes et qu’ils se disent, on peut au moins faire ça pour elle. Bordeaux c’est pas l’autre bout du monde! Au pire, je m’en fiche s’ils ne veulent pas venir, juste me laisser la voiture pour y aller. Mais là encore, c’est conflictuel je pense. Au final, je n’ai toujours pas de réponse… Mais il faut vraiment que j’arrête d’être égoïste, ils sont là-bas pour profiter d’être avec ma soeur qu’ils n’ont pas vu depuis un long moment, et c’est normal qu’ils m’oublient un peu…

Cependant, pendant qu’ils s’amusent, moi je suis là à essayer de trouver mon chemin, me sentir seule, cogiter sur mon avenir, savoir si je peux ou non m’inscrire, rechercher les quelconques aides que je pourrais bénéficier pour la formation, en vain… Me prêter la voiture juste pour aller retrouver mes autres soeurs qui pourraient m’aider et me soutenir, j’aurais apprécié… Mon dieu, tout ces mots résonnent comme un reproche et une remontrance. Oui, je suis un peu en colère et en même temps, je me dis que je suis horrible de penser ça car ils ont bien le droit de profiter après tout ce que je leur ai fait subir. Ils ont le droit de goûter aussi à la vie tout les trois. Ils n’ont pas eu des années faciles depuis 3 ans et je ne dois pas leur en vouloir, je n’en ai pas le droit. Après tout, ils ont toujours été là pour moi, et le seront toujours, je ne les remercierais jamais assez pour leur dévouement, leur soutien et leur sacrifice. Beaucoup me disent, c’est normal c’est tes parents. Et bien non, je suis navré, beaucoup de parents auraient lâché leur enfant. Vous ne savez pas ce que c’est de vivre constamment avec une anorexique. C’est un calvaire et un cauchemar, chaque minute est une souffrance. Tu te fais renvoyer balader pour un tout et un rien, tu ne peux pas faire une blague sans savoir si tu va te faire hurler dessus. Tu vois la personne se pourrir la vie sans pouvoir rien faire. Tu vis dans la noirceur de la personne, peu à peu celle-ci te bouffe ta lumière. Je leur ai peu à peu manger la leur.  J’espère que ma soeur, ma merveilleuse soeur pourra la faire réveillée cette lumière. Je suis tellement contente qu’ils aient ma soeur comme second enfant. Au moins, elle est heureuse, elle fait ce qui lui plaît, elle est blindée de qualité contrairement à moi. C’est un bijou, une pierre précieuse. Elle est douce, passionnée, attentive, simple, rieuse, aventurière, amicale, ouverte et bien d’autres choses. Ils peuvent au moins voir une de leur fille épanouïe. J’en suis plus que ravie. Je les aimes tous les trois, plus que tout, et ils ne méritent pas de m’avoir comme fille et comme soeur, cette énorme peste qui ne sert qu’à leur pourrir la vie. 

J’ai de la chance d’avoir tant de personnes qui m’aiment alors que je ne le mérite pas, que ce soit mes merveilleux parents qui me sauvent un peu chaque jour, ma soeur que j’admire plus que tout, mes deux autres soeurs qui me soutiennent et me réconfortent plus qu’elles ne devraient mais qui ne savent pas à quel point elles me font avancer, mes grands-parents, ma famille, mais aussi mes amis, surtout mes deux meilleurs amis qui souri à la vie, qui en profite, qui ne se prennent pas la tête, qui sont eux tout simplement et que j’aime par-dessus tout. Mes amis de la prépa, qui compte malgré tout et qui m’ont soutenu dans mon choix de lâcher la prépa sans jugement. 

J’espère que grâce à vous j’arriverais à avancer vers le bon chemin et à écraser toutes la noirceur, la tristesse et la morosité qui est en moi. J’espère que grâce à vous, un jour, je pourrais vous apporter autant, si ce n’est plus, que tout ce que vous m’apportez. Ne changez pas, restez tel que vous êtes. J’espère qu’un jour vous pourrez être fiers de moi, comme je suis fière de vous.

Vous êtes la petite lumière au fond de moi, vous êtes ce qui font qu’elle ne s’est jamais totalement éteint. Merci, merci pour tout.

« Ne laisse jamais les ombres d’hier obscurcir la lumière de demain » <3

Publié dans : Non classé | le 8 janvier, 2016 |Pas de Commentaires »

« The middle » – Jimmy eat world

Hey, don’t write yourself off yet
It’s only in your head you feel left out or looked down on.
Just try your best, try everything you can.
And don’t you worry what they tell themselves when you’re away.

It just takes some time,
Little girl, you’re in the middle of the ride.
Everything, everything will be just fine,
Everything, everything will be alright, alright.

Hey, you know they’re all the same.
You know you’re doing better on your own (on your own), so don’t buy in.
Live right now, yeah, just be yourself.
It doesn’t matter if it’s good enough (good enough) for someone else.

It just takes some time,
Little girl, you’re in the middle of the ride.
Everything, everything will be just fine,
Everything, everything will be alright, alright.
It just takes some time,
Little girl, you’re in the middle of the ride.
Everything, everything will be just fine,
Everything, everything will be alright, alright.

Hey, don’t write yourself off yet.
It’s only in your head you feel left out or looked down on.
Just do your best (just do your best), do everything you can (do everything you can).
And don’t you worry what the bitter hearts are gonna say.

It just takes some time,
Little girl, you’re in the middle of the ride.
Everything, everything will be just fine,
Everything, everything will be alright, alright.
It just takes some time,
Little girl, you’re in the middle of the ride.
Everything, everything will be just fine,
Everything, everything will be alright.

 

Publié dans : Non classé | le 7 janvier, 2016 |Pas de Commentaires »

« Nobody sait it was easy » – Coldplay

Aujourd’hui, nous sommes le jeudi 07 janvier 2016, voilà trois jours que j’essaie de me sauver. Seulement, 3 jours ? Non pas vraiment. Voilà 4 ans que je vis avec cette maladie, on va la nommer avec toute la laideur de son nom : l’anorexie. J’ai commencé pendant les vacances d’été me menant à la terminale, j’ai été hospitalisé le premier février et je suis sortie début mai. Je pensais que j’allais mieux. Oui, certes j’allais mieux physiquement, et la prise de repas étais à peu près normal. J’ai fais une année de fac de biologie, j’avais toujours mes petites manies, je mangeais des gâteaux mais seulement ceux sans trop de matières grasses et de sucres, des choses légères sans trop de sauce ou de crème si c’étais possible, je ne succombais pas aux tentations, qui finalement pour moi, n’en étais plus. Si, je pouvais me préparer mes repas c’étais parfait, mais je ne laissais pas les autres le faire si c’étais possible. J’avais des restes c’étais certain, mais je ne voulais pas les voir, c’étais comme ça et c’étais bien. Au final, je mangeais, et même conséquemment, c’étais le principal non ?

Puis, je me suis lancée dans une prépa scientifique dans la filière BCPST, où j’ai recommencé à m’oublier, et la maladie à peu à peu repris le dessus. La deuxième année fut la plus dure, et quand je n’ai eu aucun concours à la fin de l’année, ça a été un choc, et un véritable échec pour moi. L’été, je suis partie voir ma soeur aux Etats-Unis, c’étais censé être un voyage formidable de 1 mois où j’aurais pu en profiter et surtout profiter de nouveau de ma soeur, car voilà deux ans que je ne profitais de plus rien. Je ne profitais pas de ma famille, de mes amis, tout simplement de la vie. Ma vie ce résumé aux cours. La « voix de l’anorexie » à réellement refais son apparition ou du moins prendre entièrement la place à « la raison » quand juste avant de partir, la diététicienne m’a pesé et m’a dit que je faisais 49kg, Je n’ai jamais fait 49kg, 48kg oui mais jamais 49kg. Et je ne m’y attendais pas, j’avais perdu le contrôle de ma prise de poids, j’avais dépassé les limites et là je devais partir dans un endroit où tout m’étais inconnu. où le repas devrais être dirigé par des gens que je ne connaissais pas, des repas que je ne pourrais pas contrôlé, tout devenais incontrôlable. J’ai paniqué, si je ne contrôlé pas les repas, il fallait au moins que je contrôle quelques choses, le sport et les quantités. Pour ne pas inquiété ma soeur, je mangeais de gros plat de légumes, mais peu de féculent que j’avais beaucoup trop diminué, dès qu’il y avais de la graisse je me trouvais des excuses, je n’avais plus faim, je n’étais pas bien… J’essayais de me tirer de là par une pirouette. Au final, je n’ai été qu’un fardeau pour ma soeur tout au long de mon séjour, une peste détestable, qui ne faisais que pourrir l’existence de celle que j’admire. Je ne voulais qu’une chose rentrer pour ne plus être un poids pour elle.

Une fois le mois passé, je suis rentrée, et j’avais perdu 5kg. J’ai fait celle qui étais contrarié par ma perte de poids alors qu’au fond de moi, j’étais réellement contente, j’avais réussi à perdre tout ça en 1 mois. J’ai repris une troisième année de prépa pour tenter de nouveau mes concours. Et là, ce fut pire que tout, j’ai augmenter encore plus le sport, j’étais un robot, je ne ressentais plus rien. Je ne vivais plus, ma vie étais les cours, le sport, des plats à peu près convenable pour pouvoir tenir le coup au rythme intense que je devais tenir mais après il fallait quand même que j’élimine d’une façon ou d’une autre… C’est pendant cette période de noël que les parents ce sont vraiment dit que j’étais de retour dans le cercle de la maladie alors que pour moi, tant que j’avançais, j’allais bien. Je fonctionnais donc c’étais bon. Ils m’ont tirés d’une manière, je dois bien l’avouer, très subtil et très bien joué vers un médecin car très franchement pour moi, revoir un médecin ne servirais à rien, et un psychologue n’en parlons pas, à quoi servent-ils exactement??? Appart nous faire sentir qu’en face d’eux ils ont un malade à soigner alors que toi même tu te sens pas malade et quand tu les regarde et qu’ils te posent des questions sur ta vie, tu tourne autour du pot jusqu’à ce qu’ils se fatiguent. Ils te lâchent tous à un moment, tous sans exception. Certes, j’en avais marre des psychologues et j’étais bien contente quand j’annulais mon rendez-vous disant que j’en reprendrais un et au final pas du tout. Mais même pas diététicienne qui me suivait depuis 4 ans, elle m’a lâché ou du moins je l’ai lâché. Quand on se sent pas malade pourquoi se faire soigner??? Enfin bref, j’ai accepté le rendez-vous chez médecin, juste pour rassurer mes parents mais en aucun cas je ne parlerais, ils devaient se débrouiller. Et puis quoi encore, c’est eux qui se posait des questions et croyaient que j’allais mal, moi j’avais absolument rien à faire là mais comme ils le voulaient, j’allaient faire acte de présence. 

Sauf que ça ne s’est pas passé comme ça, mes parents et le médecin avaient un peu tout orchestré et je me suis retrouvée seule face à elle en consultation, prise au dépourvue. Je n’avais absolument pas apprécié la blague et je dois avouais qu’au début j’étais un peu (beaucoup), sur la défensive. Et c’étais parti, il allait falloir que je raconte mon histoire, lui expliqué les détails, etc, et lui dire de façon subtil en omettant des choses, que j’allais très bien, qu’ils fallaient rassurer mes parents. Mais ça ne s’est pas du tout passé comme ça. Elle étais douce, attentive, et à l’écoute et ne m’a pas demandé de détails sur mon passé, elle avait lu mon dossier, fait en sorte de me connaître un peu par l’intermédiaire de mes parents et pour la première fois depuis longtemps, j’avais réellement envie de tout balancer. J’ai eu comme une barrière au fond de moi qui s’est ouverte, comme si je réalisé enfin quelque chose. Ce jour-là c’étais le 30 décembre 2015. Je suis retournée la voir le 31 décembre 2015. Je me suis enfin aperçu qu’il fallait que je me réveille, que je prenne ma vie en main, que je sois heureuse, que je reprenne le goût à la vie mais surtout, que je me sauve. Que si je continuais ainsi, je ne survivrais pas, pas pour longtemps. J’ai décidé de quitter la prépa car ce qui m’attendais au bout n’étais pas ce que j’escomptais et j’ai recherchais une formation pour un métier qui me tiendrais vraiment à coeur. Dans lequel, je me sentirais réellement utile, utile aux autres et utile pour moi-même. Tirer les gens comme moi vers le haut, s’entre-aider mutuellement. J’ai ainsi regarder pour le métier de diététicienne. Ainsi, à partir du 1er janvier 2015, j’ai décidé de me prendre en main, d’essayer de vaincre cette maladie et de me donner un but. Un réel but à ma vie, de profiter de cette vie. Cependant, depuis dimanche, je suis seule dans cette grande maison, et c’est pas facile de se tirer de là quand personne n’est derrière pour nous faire avancer. Bien sûr mon médecin est adorable et prends le temps de répondre à mes questions, mais elle a bien d’autres choses à s’occuper et je me dis que si jamais je ne fais aucune progression jusqu’au prochain rendez-vous, elle risque de me laisser tomber, car après tout, à quoi bon aider quelqu’un qui ne fais aucun effort? 

Pourtant, je voudrais en faire des efforts, manger la portion de féculent qu’elle m’a noté, ajouter le beurre et la confiture du matin, mettre les cuillère à soupe de soja cuisine, mettre mes 20 gr de tofu, mettre le gâteau du soir et surtout, surtout, diminuer mon sport à 40 minutes tous le 3 jours comme elle me l’a dit. Mais je n’y arrive pas non, je ne sais pas comment enlever cette voix qui me fait paniquer chaque fois que je n’ai pas fait au moins 1h30 de sport le matin et l’après-midi. Le sport, c’est ce qui me permet d’avoir faim, de ressentir la faim, le sport c’est ce qui m’autorise à manger. Et cette voix, horrible dans ma tête ne veux pas s’effacer. Pourtant, je suis fatiguée, je le sens, mais quand je me regarde dans la glace je vais bien.

Depuis hier, et ce matin, je sombre de nouveau dans la morosité, dans la noirceur et la tristesse, je me sens seule, seule face à cette montagne infranchissable. J’ai peur de laisser les gens entrer et en même temps j’en ai tellement envie. J’ai envie que les gens me prennent la main et me disent : « Viens, on va t’aider, tu n’es pas seule et tu ne le seras plus jamais. Peu importe ce que tu nous feras, peu importe si tu te renferme, peu importe que tu es du mal à nous laisser entrer, on sera là et on t’aidera. » Mais en même temps, je ne veux pas les blesser, je ne veux pas leur prendre trop de temps, je ne veux pas les importuner, je ne veux pas qu’ils se prennent la tête pour moi, je ne veux pas empoisonner leur vie, et surtout je ne veux pas être un fardeau. J’aimerais pouvoir ouvrir les yeux et voir le monde comme il l’est réellement, manger sans me poser de question, ne pas sortir et rester en pyjama toute une matinée après avoir manger un bon petit déjeuner sans culpabiliser.

Alors, je t’en prie Marion, bouge-toi, ouvre tes yeux. Regarde la fille qui est dans le miroir, le squelette que tu es censée voir et que tu ne vois pas. Regarde ces os qui ressortent sous ta peau et qui te plaise tant au regard. Non, ce n’est pas censée de plaire, non ce n’est pas censée être appréciable à tes yeux. Cela devrais te faire réagir et pas te dire que c’est une victoire. Ceci n’est pas une victoire. Ce sera une victoire quand tu te rendras compte de la réalité des choses, Ce sera une victoire quand tu diminueras ton activité physique sans culpabiliser. Quand tu te te feras à manger pour le plaisir, quand tu réussiras à suivre une recette du bout au bout sans changer à la dernière minute d’avis, quand tu laisseras quelqu’un te faire ton repas sans te méfier de ce qu’il va y mettre et ce sera une victoire quand, enfin, tu seras contente d’avoir repris des kilos et d’être à ton poids normal. Rien que d’écrire cette phrase, cela te fais peur. Tu as un long chemin à faire… Tu dois y arriver, cela va être un combat et une bataille de tous les jours mais chaque petite victoire sera un pas vers la réussite. Malgré tes peurs et tes échecs, il ne faudra pas que tu abandonne, il  faudra que tu t’accroches. Oui, on est jeudi et tu n’a encore rien réussi mais peut être que ça va venir. Oui, tu as peur qu’on te lâche et qu’on te laisse tomber mais il faut que tu arrives à vaincre cette peur aussi. Si on t’abandonne, tu dois réussir à te relever. N’abandonne pas et accroche-toi, tu n’es peut-être pas aussi seule que tu ne le crois.

Marion.

Publié dans : La vie | le 7 janvier, 2016 |Pas de Commentaires »

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